Aujourd’hui parlons de Jin. C’est le combo parfait du bore-out 😓.
9h01 : zéro mail à traiter 📧 (enfin, sauf celui du représentant 👨🏻💼de chez « Bureau pour tous » qui lui envoie le fauteuil de bureau dernier cri en fibres de bambou 🪑 et le nouveau parfum d’ambiance aux saveurs des sports d’hiver 🎿 — café, vanille et marrons glacés).
Côté planning : le vide sidéral 📅.
Il lui reste sa pile de dossiers à saisir 🗃️, comme toutes les semaines, et les comptes-rendus de ses collègues du terrain. Encore et encore…
Il proposerait bien des solutions pour traiter les projets plus efficacement, mais manifestement « 🤫 il n’est pas payé pour ça ». Pourtant de l’expérience, il en a, et les projets fleurissent jour après jour dans sa tête 💭.
Alors il ouvre son fichier et commence à saisir ⌨️, tout en écoutant cette petite voix dans sa tête : « Ça va être ça ma vie pour les 20 prochaines années ? » 😶
Jin n’est pas paresseux. Il n’est pas déprimé — enfin, pas encore 🙄. Il est juste… là. À attendre quelque chose qui ne vient pas ⏳.
Ce que vit Jin a un nom : le bore-out 🧠.
Et comme on l’a vu dans notre article sur le burn-out : les signaux qui ne trompent pas 🔗 👈, l’épuisement professionnel ne ressemble pas toujours à ce qu’on imagine. Il peut venir du trop-plein. Mais il peut aussi venir du vide 🕳️.

SOMMAIRE
- Le bore-out, c’est quoi exactement ?
- Qui est concerné(e) ?
- Les causes : pourquoi on en arrive là
- Les signaux à ne pas ignorer
- Bore-out ou dépression : comment faire la différence ?
- Par où commencer pour s’en sortir ?
- Des ressources pour aller plus loin
1) Le bore-out, c’est quoi exactement ? 🤔
Le mot vient de l’anglais to bore — s’ennuyer ☁️. Et le suffixe -out, on le connaît maintenant : on s’y consume complètement. Sauf qu’ici, on ne brûle pas de surcharge 🔥 — on s’éteint d’ennui 🕯️.
C’est en 2007 que le concept émerge en Suisse 🇨🇭, sous la plume 🪶 des consultants Philippe Rothlin et Peter Werder. Mais c’est véritablement en 2011, avec l’ouvrage Le Bore-out Syndrom des chercheurs français Christian Bourion et Stéphane Trébucq (que vous pouvez acheter ici 🔗🛍️), que le phénomène est mis en lumière en France 🇫🇷.
Le bore-out se définit autour de trois composantes
- L’ennui 😑 — des journées vides, des tâches répétitives, une absence totale de stimulation
- Le manque de défis 📉 — des missions bien en dessous de ses capacités réelles
- Le désintérêt 😶 — une perte progressive de tout sens et de toute motivation pour son travail
Reconnu comme risque psychosocial (RPS) (Eh oui ! 👎🏼), le bore-out s’inscrit dans la même famille que le burn-out, mais par le chemin inverse : non pas la surcharge, mais le vide 🫙.
2) Qui est concerné(e) ? 🌍
On imagine facilement la personne « payée à ne rien faire » 💸 en train de savourer tranquillement sa chance. La réalité est beaucoup moins glamour 😅.
Car le bore-out touche précisément les personnes qui ont envie de s’investir 🏃🏻♀️mais qui ne peuvent pas le faire 🚶🏻. Ce n’est pas de la paresse — c’est de la frustration accumulée, jour après jour 📆.
Selon la plateforme de bien-être au travail Moka.care, le bore-out serait en réalité trois fois plus fréquent que le burn-out 😳 — avec 30 % des travailleurs concernés contre 10 % pour le burn-out (à consulter ici 🔗👈).
Et contrairement à l’image qu’on s’en fait — celle du bureaucrate 🖥️ qui s’ennuie derrière son écran on va pas se le cacher 😑 — le bore-out n’épargne aucun secteur.
Selon le baromètre 2024 de l’agence Ignition Program, mené auprès de salariés français 🇫🇷, ce sont les secteurs de l’énergie ⚡️, du transport 🚛 et de l’industrie 🏭 qui affichent la plus forte surreprésentation (jusqu’à +44 % par rapport à la moyenne nationale), suivis de près par l’administration (+27 %) (étude relayée ici 🔗👈).
Une explication possible : dans l’industrie comme dans certaines administrations, les tâches sont souvent très cadrées 🖼️, répétitives 🔁, avec peu de marge d’initiative — un terrain propice à l’ennui chronique, même quand le rythme reste soutenu ⚙️.
Ce qui compte, ce n’est pas le secteur en soi 🎯, mais le décalage entre ce qu’on est capable de donner — et ce qu’on a réellement le droit de faire.
3) Les causes : pourquoi on en arrive là 🔍
Le bore-out ne tombe pas du ciel 🌧️. Il s’installe, doucement, pour des raisons bien précises.
🔴 Une sous-charge de travail chronique
Trop peu de tâches, des missions expédiées en deux heures pour une journée entière 😬.
🟠 Des tâches en dessous de ses compétences
Ce n’est pas forcément qu’il n’y a rien à faire — c’est que ce qu’on vous donne à faire ne vous sollicite pas 😑.
Genre :
👉🏼 Une ingénieure recrutée pour ses compétences en analyse de données qu’on cantonne à la saisie de tableaux Excel 📋
👉🏼 Un commercial senior relégué aux relances téléphoniques basiques 📞.
🟡 Un travail perçu comme inutile ou sans sens
Même avec une charge normale, si on ne voit pas à quoi servent ses efforts 🤷🏼♀️ — si les rapports finissent dans un tiroir 🗂️, si les projets sont systématiquement annulés… 🕳️
🟢 Un management qui ne délègue pas
Ou qui concentre les tâches intéressantes sur quelques personnes, laissant les autres dans l’attente permanente d’instructions qui ne viennent jamais 🔇.
Et le paradoxe cruel du bore-out 😏 ? On n’ose pas le dire. Parce que se plaindre d’avoir trop peu de travail, dans un monde où le stress professionnel est presque un signe de statut 🏆, c’est risquer de passer pour quelqu’un qui ne travaille pas assez ou vous savez celui qu’on appelle poliment « le lèche-botte » 👅👢.
4) Les signaux à ne pas ignorer 🚨
Côté physique 🔴
Fatigue persistante malgré une activité réduite , troubles du sommeil 😴, maux de tête récurrents 🔂, tensions musculaires… Le corps réagit au manque de stimulation comme à une forme de stress chronique.
Côté émotionnel 🟠
Irritabilité inexpliquée 📈, sentiment de vide ou d’anesthésie émotionnelle, perte de plaisir pour des choses qu’on aimait (y compris en dehors du travail 😟), anxiété diffuse, sentiment croissant d’inutilité et de dévalorisation 💔.
Côté comportemental 🟡
Simulation d’activité ⌨️ (on fait semblant quoi 😮), procrastination sur des tâches pourtant simples, distanciation progressive des collègues ☹️, consultations répétées des offres d’emploi sans jamais postuler 🔍, comportements compensatoires (grignotage, écrans 📱, parfois alcool ou tabac).
Côté professionnel 🔵
Erreurs inhabituelles, on bâcle par manque d’intérêt 😑, absentéisme progressif, difficulté à se souvenir de ce qu’on a fait dans la journée… La mémoire se vide quand rien de signifiant ne la nourrit 🧠.
N’hésitez pas à consulter les travaux de l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) sur le sujet en cliquant ici 🔗👈).
5) Bore-out ou dépression : comment faire la différence ? 🤔
⚠️ Pour rappel : je ne suis pas médecin ni psychologue 🧑🏾⚕️. Cet article a vocation à informer, pas à remplacer un avis médical ou un accompagnement professionnel. Si vous avez un doute 🤔 vous reconnaissez dans ce qui suit ✅, parlez-en à un professionnel de santé 🙏.
La frontière peut sembler floue, et c’est normal 🌫️ — les deux partagent plusieurs symptômes.
Ce qui distingue le bore-out de la dépression, c’est son caractère contextuel et réversible 🔄. Il est lié à une situation professionnelle précise. Si cette situation change (nouveau poste, nouvelles missions, nouvelles responsabilités), une amélioration est possible, parfois rapide 🌱.
La dépression, elle, est plus globale 🧐: elle touche toutes les sphères de la vie, même celles qui n’ont rien à voir avec le travail, et persiste dans les moments a priori agréables 😣.
Attention cependant 🚨: un bore-out non pris en charge peut aussi évoluer…
6) Par où commencer pour s’en sortir ? 💛
🗣️ Nommez ce que vous vivez
C’est la première étape — et souvent la plus difficile. Mettre des mots sur le bore-out, c’est déjà un premier pas 💙.
🤝🏼 Parlez-en à votre responsable ou aux RH
Ce n’est pas toujours facile, mais c’est souvent la voie la plus directe 🚪. Demander un bilan de compétences, de nouvelles missions, exprimer qu’on se sent sous-utilisé(e), proposer de prendre en charge un projet…
👉🏼 Et si vous souhaitez affûter votre communication dans ces moments-là, notre article sur l’art de la communication au travail 🔗 👈 vous donnera des clés concrètes.
🧑🏾⚕️ Consultez votre médecin traitant
Si les symptômes sont présents depuis plusieurs semaines et commencent à déborder sur votre vie personnelle 🏡, consultez.
Votre médecin peut vous orienter 🧭 et vous accompagner 🤝🏼, et vous informer sur le dispositif Mon soutien psy qui permet d’accéder à des séances de psychologue remboursées par la Sécurité sociale (toutes les infos sur ameli.fr 🔗👈).
🎯 Explorez vos options en dehors du poste actuel
Si la situation ne peut pas évoluer en interne 🤷🏻, la question d’un changement s’impose peut-être.
Comme on en avait parlé dans notre article Quand changer de travail ? 🔗 👈, attendre trop longtemps que ça aille mieux tout seul n’est pas une stratégie. Et si le bore-out vous a fait perdre de vue ce qui vous correspond vraiment, notre article Comment choisir un travail qui vous correspond vraiment ? 🔗 👈 est un bon point de départ pour y voir plus clair. 😊
7) Des ressources pour aller plus loin 📚
Si vous voulez approfondir le sujet avec une référence médicale 🩺 française, le Dr François Baumann — médecin spécialiste des pathologies liées au travail et ancien chargé d’enseignement à l’université Paris-V — a consacré un ouvrage entier au sujet : Le Bore-out, quand l’ennui au travail rend malade (Josette Lyon, 2016). Disponible chez notre partenaire ici 👈🛍️.
Pour une vision plus large qui englobe burn-out, bore-out et brown-out (la perte de sens au travail, dont on parlera peut-être un jour 😉), l’ouvrage de Xavier Dufrenne Brown-out, bore-out, burn-out. Comprendre et prévenir les malaises du travail moderne est également disponible là 👈🛍️.
En résumé 💙
Le bore-out n’est pas un luxe de privilégié(e) qui se plaint d’avoir trop peu à faire 😅. C’est une souffrance réelle, documentée, qui ronge en silence 🔇.
Elle naît du décalage entre ce qu’on est capable de donner — et ce qu’on ne peut pas donner 💔. Entre l’énergie qu’on garde en soi… et les journées vides qui s’accumulent sans qu’elle ne serve à rien 🤷🏼♀️.
Les signaux sont là, souvent depuis longtemps, avant qu’on daigne les regarder en face 🫠. Si quelque chose dans cet article vous a parlé, commencez par nommer ce que vous vivez. Et parlez-en à quelqu’un 💙.
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